* La rentrée se profile... *

Publié le 23 Août 2011

Allez, la dernière ligne droite avant la rentrée... la onzième déjà; tellement et si peu à fois dans une carrière... Une dernière petite mise en bouche, quelques antipasti avant d'aborder le coeur du sujet, ça vous dit? J'en éprouve le besoin, nourrie des lectures estivales que j'ai pu faire... des rencontres merveilleuses avec un auteur en particulier, qui m'a permis de renouer avec une lecture autre que pédagogique, dix ans que je n'avais pas eu un tel appêtit littéraire. Ce miracle tient en cinq lettres:MUSSO. A force d'entendre parler de lui dans les encarts publicitaires d'Europe 1, j'ai cédé à la curiosité, à la tentation... un peu tard puisque sa première parution date de la naissance de ma fille: 2004 ! J'ai commencé par La fille de papier [ 1 semaine ], Et après [ 5 jours], Sauve-moi [ 3 jours] et une pépite: Seras-tu là ? [1 jour]. Il m'en reste trois mais je vais me faire violence pour ne pas les lire tout de suite; je vais distiller mes lectures pour faire durer le plaisir. C'est grave, docteur ?

 

Un autre auteur "best-sellerisé": Marc Lévy... Pas encore lu mais très attirée par Le voleur d'ombres:

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Je me suis laissée envoutée par la voix suave de l'auteur qui  nous livre un extrait qui met bien dans l'ambiance de la rentrée... On sent l'odeur de craie, on entend les jeux de cour, on touche les pages de cahiers, on goûte les mets de la cantine ... on voit la classe à travers la porte entre-ouverte...

 

Quelques citaions d'un auteur que j'aime également beaucoup: Daniel Pennac. Un livre surtout: "Chagrin d'école"...

Une philosophie qui est devenue mienne après un long cheminement, des acceptations, la vision d'une réalité de classe:

 

"Chaque élève joue de son instrument, ce n'esyt pas la peine d'aller contre. Le délicat, c'est de bien connaître nos musiciens d=et de trouver l'harmonie. Une bonne classe, cen'est pas un régiment qui marche au pas, c'est un orchestre qui travaille la même symphonie. Et si vous avez hérité du petit triangle qui ne sait faire que ting-ting ou de la guimbarde qui me faitque bloïng-bloïng, le tout est qu'ils le fassent au bon moment, le mieux possible, qu'ils deviennent un excellent triangle, une irrépprochable guimbarde, et qu'ils soient fiers de la qualité que leur contribution confère à l'ensemble. Comme le goût de l'harmonie les fait tous progresser, le petit triangle finira lui aussi par connaître la musique, peut-être pas aussi brillammment que le premier violon, mais il connaîtra la même musique. [...] Le problème, c'est qu'on veut leur faire croire à un monde où seuls comptent les premiers violons [...] et que certains collègues se prennent pour desKarajan qui supportent mal de diriger l'orphéon municipal. Ils rêvent tous du Philharmonique de Berlin, ça peut se comprendre... ".

 

 

" C'est vrai, chez nous il est malvenu de parler d'amour en matière d'enseignement. [...] Autant parler de corde dans la maison d'un pendu. Mieux vaut recourir à la métaphore [...]une métaphore ailée en l'occurrence. [...] Pépiements innombrables, à la fois intenses et tout à fait ténus. Ah! oui, le départ des hirondelles! [...]Ca vient du nord, par bataillons hitchkockiens, cap vers le sud. Or, c'est précisément l'orientation de notre chambre, nord-sud. Une lucarne au nord, une double fenêtre au sud. Et chaque année le même drame: trompées par la transparence de ces fenêtres alignées, un bon nombre d'hirondelles se cassent la tête contre la lucarne. [...] L'espace est vaste entre les deux fenestrons. Pourtant, ça ne rate jamais, il faut toujours que trois ou quatre de ces idiotes se payent les fenestrons! C'est notre proportion de cancres. Nos déviantes. On n'est pas dans la ligne. On ne suit pas le droit chemin. On batifole en marge. Résultat: fenestron: poc! Assomée sur le tapis. Alors, l'un de nous deux se lève, prend l'hirondelleestourbie au creux de sa main , attend qu'elle se réveille, et l'envoie rejoindre ses copines. La ressuscitée s'envole, groggy encore un peu, zigzaguant dans l'espace retrouvé, puis elle pique droit vers le sud et disparaît dans son avenir. [...] C'est à cela que ressen

mble l'amour en matière d'enseignement, quand nos élèves volent comme des oiseaux fous [...] sortir du coma scolaire une ribambelle d'hirondelles fracassées. On ne réussit pas à tous les coups, on échoue parfois à tracer une route, certains ne se réveillent pas, restent sur le tapis ou se cassent le cou contre la vitre suivante; ceux-là demeurent dans notre conscience comme ces trous de remords où reposent les hirondelles mortes au fond de notre jardin, mais à tous les coups on essaye, on aura essayé. ils sont NOS élèves. [...] Une hirondelle assommée est une hirondelle à ranimer, point final."

 

 

A méditer...

 

Sans titre 1

Rédigé par Titi77

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